"Le Monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustin.

samedi 5 mars 2016

Lego to Denmark!


Il suffit de jeter un oeil à une carte d'Europe pour comprendre que Copenhague n'est pas au top de sa forme fin février. Tivoli, le parc d'attractions construit au 19e siècle en plein centre-ville et qui a inspiré Walt Disney, n'ouvre pas avant avril par exemple. Les parents danois ont prévu le coup.


Mais parce qu'on a des beaux anoraks et que le prix du billet d'avion faisait pas flipper le banquier, on a choisi le Danemark comme nouveau territoire à explorer. 


L'architecture nordique, à cours de briques Lego, ne soignerait pas la dépression. Le ciel blanc n'aide pas non plus. Bien prise en main, la mairie a le potentiel pour faire pleurer les marmots.


Il faut bien avouer pourtant qu'on a vu bien pire qu'une promenade en centre-ville. Rues piétonnes, canaux, Théâtre Royal et autres monuments historiques. L'Iphone 6S ne reste pas souvent dans la poche du coup. 





L'objectif s'appelle "Nyhavn", une rue de maisons colorées le long d'un canal. L'équivalent d'une Tour Eiffel, d'un pont de Brooklyn ou d'une Copacabana. Le spot à cartes postales. C'est vrai que ce serait dommage de passer à côté. Certaines maisons datent quand même du 17e siècle. Les cafés à touristes ont nettement moins d'années au compteur. Ca reste un bon moyen d'observer tranquillement les nombreux bateaux en bois en stationnement.  


C'est de là que part une visite des canaux en bateau. 12 euros l'heure environ. Il semblerait qu'une société concurrente propose la même chose pour deux fois moins à 50 mètres. Ca nous a paru tellement gros qu'on n'y a pas cru. Le bateau a l'avantage d'éviter une longue marche jusqu'à la toute petite Sirène, l'autre icône de la ville. On a eu 22 secondes pour prendre la photo et franchement, on n'a pas eu besoin de plus. Il y aussi l'Opéra en mode Opéra Bastille, le côté au bord de l'eau en plus. On apprend aussi que le drapeau danois serait le plus vieux du monde tout comme la marine danoise. 



Parce qu'avec tout ça, il faut bien manger, on a fait dans le local. Le "Smorrebrod", tartines recouvertes de garnitures variées  comme du hareng, a beaucoup déçu au déjeuner. Le principal intérêt du restaurant en question était la référence aux Vikings, fierté nationale globalement sous-exploitée, y compris dans le musée national du Danemark (pas génial mais gratuit).


Le dîner a été beaucoup plus convaincant. Un coin à la bonne franquette avec des longues tables façon Oktober Fest et de la viande que le mec coupe à la main devant vous et dépose à même le plateau. C'est très gras donc très bon sauf le Cheddar Cheese Pork Rinds, à éviter absolument. De la graisse faite chips. Léger dans les doigts, lourd dans l'estomac. 



Comme rien ne nous arrête, on a continué vers l'Est pour finir en Suède. Malmö est à une demi-heure de train en empruntant le pont de l'Oresund, à condition de se souvenir que le contrôle aux frontières a été rétabli. La pluie et le vent ont accéléré la visite mais même avec une météo favorable, il n'y a pas de raison de s'éterniser chez les jaunes et bleus.






Copenhague n'a pas de musée Viking (pas trouvé en tout cas) mais pour lever le coude, ça se bouscule. Conséquence: le site historique de Carlsberg, le 4e plus gros brasseur du monde, se visite avec deux bières comprises dans le ticket d'entrée. 
On apprend un tas de choses sur Carlsberg: ça veut dire la montagne de Carl -le nom du fils du créateur de la marque-, le logo a un temps été une Swastika avant de bizarrement changer vers 39-45, 20000 bouteilles (pleines) du monde entier sont stockées sur place, ce qui en ferait la plus vaste collection sur Terre. Par contre, rien de concret sur comment faire une Carlsberg et j'en connais un que ça a agacé.





Copenhague, c'est un peu comme la bière en fait. A consommer avec modération.

lundi 8 février 2016

Hawaï, délice d'Etat, vol. 2

La légende dit que quelques-uns des 50000 habitants de Kauai ont bloqué le petit port de l'île le jour où un super ferry est arrivé d'Honolulu. Kauai, île sauvegardée, refuse le tourisme de méga masse.
Ce tourisme-là tourne à plein sur Oahu, l'île la plus peuplée de l'archipel. 400000 habitants rien qu'à Honolulu, terre de naissance de Bruno Mars et Barack Obama. Dès la sortie de l'aéroport, on voit la skyline au loin. De l'hôtel en front de mer bien haut et pas toujours élégant qui cache l'océan. "The Descendants", film cité précedemment, démarre justement sur des plans de la ville sous un ciel nuageux. Le message: le paradis n'est pas ici.

Le touriste de base (moi) reste en général à Waikiki Beach, une plage longue mais pas large donc bondée. On peut y garer son surf. Sympa! La rue qui longe l'océan est blindée de boutiques de luxe ou pas. La chaîne d'épiceries ABC a un magasin à chaque coin de rue, parfois à 30 mètres de distance. 



Tous les panneaux sont en anglais et japonais. Pearl Harbor (on y reviendra) a démontré que le Japon n'était pas bien loin. Les touristes nippons profitent des prix plus bas pour remplir leurs valises.  Ils se prennent en photo devant la statue du "Duke", champion olympique de nage, exportateur du surf, star de cinéma et shérif d'Honolulu pendant 30 ans (vlà le CV) et ont le droit à des bus réservés. Mais il semblerait qu'ils ne sortent pas beaucoup de Waikiki Beach qui non, n'est pas un hommage à la célèbre marque de notre adolescence.



Vont-ils à downtown, une petite demi-heure de bus à l'ouest? Le Capitole est très moche, contrairement à la tradition américaine. Mais Hawaï, le 50e état améircain, a rejoint l'Union en dernier, en 1959. Beaucoup de locaux continuent d'ailleurs de se considérer sous occupation. Il faut dire que ça se tient. En gros, la dernière reine du royaume se fait dégager du trône en 1893, soit disant pour protéger l'avenir de l'île. La vérité, c'est qu'elle en voulait aux profits des colons qui ont défendu leurs intérêts. L'Amérique a annexé la région mais aucun traité n'a jamais été signé. Le droit international, tu te le mets sur l'oreille et tu le fumeras plus tard.




Le petit pais royal Iolani se situe juste en face du Capitole, regardé de l'autre côté de la rue par la statue du roi Kaméhaméha. Il ne projette pas de boule d'énergie mais il a unifié l'archipel en 1810. C'est pas mal aussi et les Hawaïens l'adorent.



L'autre morceau d'histoire de Honolulu remonte au 7 décembre 1941, "un jour marqué par le sceau de l'infamie" selon Franklin D. Roosevelt qui tenait là son excuse pour entrer en guerre. En bus, depuis Waikiki, il faut presqu'autant de temps pour y aller qu'en Mitsubishi Zero depuis Tokyo. On accède au memorial (financé par Elvis Presley me dit-on) uniquement par bateau et en groupe limité. Il est installé au dessus de l'épave de l'USS Arizona, l'un des navires coulés ce jour là. On voit encore du fioul dans l'eau 75 ans plus tard. 






Un navire de guerre et un sous-marin peuvent aussi se visiter mais faut pas pousser. L'idée des Japs, c'était de détruire la flotte US histoire de mener leurs affaires tranquillement dans le Pacifique. Ils avaient aussi prévu de couler un bateau pour bloquer la baie et empêcher les navires survivants de prendre la mer. Les Américains ont réussi à éviter ça et ont même réparé les bateaux attaqués qui ont presque tous retrouvé l'océan. Sont forts ces Ricains.


Hawaï, délice d'Etat

Petit cadrage géographique: Hawaï est un archipel avec quatre îles principales (comprendre où vont les touristes). Le temps et l'argent font que je me suis contenté de deux, ce qui à la réflexion, sonne comme la complainte d'un enfant gâté.
Kauai, premier stop. La surprise, c'est que l'île est infestée de... poules qui sont paraît-il une espèce protégée. Pour le reste, c'est régalade. Déjà fin janvier, le climat frôle la perfection. Une brise qui ne vire pas à la tornade et 25 degrés qui n'obligent pas à changer de T-shirt sorti de la douche, malgré un paysage qui évoque immanquablement la sudation ambiante de l'Asie du Sud-Est.



Surtout, il y a ces vallées avec un panorama à tomber par terre. C'est pas pour rien qu'Hollywood ramène régulièrement ses caméras dans le coin. L'ouverture des Aventuriers de l'Arche perdue a été tournée ici et l'arrivée en hélico au début de Jurassic Park a donné le nom de Jurassic Falls à cet endroit:
C'est aussi là que se trouve la plage que George Clooney refuse de transformer en cité balnéaire dans The Descendants.
Tous ces endroits, 80% de l'île quand même, ne peuvent se voir que depuis le ciel. C'est en tout cas ce qu'assurent les brochures. Ca vaut 20 fois plus cher qu'une place de ciné mais un travelling sur la côte Na Pali par hélico déboîte bien plus violemment que sur grand écran.
Même en voiture, y a de quoi se faire plaisir. L'île a une taille idéale. Tout est à 1h30 max. Tu roules un peu et bam, une cascade. Tu prends la direction du nord et bim, la baie d'Hanalei, Koh Phi Phi style. Tu t'enfonces dans les terres et boum, le Waimea Canyon aka "le grand canyon du Pacifique" le Mont Wai'Ale'Ale, vendu comme un des endroits les plus humides au monde. C'est vrai que ça fait étrange de voir le ciel bleu et un nuage à 10 cm. Et en rentrant au resort, tu croises tranquillement d'autres trucs pas vilain vilain.
Le pont de la rivière Kauai (trademark)
L'incontournable d'un séjour à Hawaï, c'est le Luau qui disent. En gros, un dîner-spectacle assez proche de ce qu'on avait vu en Nouvelle-Zélande mais à l'échelle américaine. Ca commence avec un (faux?) marché artisanal avec Mai Tai en open-bar. Sur la scène centrale, une vahiné donne un cours express de hula à des beaufs en short. Ca enchaîne avec un buffet "hawaïen" (riz au jasmin? chow mein?) de qualité très moyenne. Si tout cela relève du hautement dispensable, la demi-heure de danses,  chants et de jeu avec le feu retient même l'attention d'un opposant au spectacle vivant comme bibi. Un groupe d'hommes quitte Tahiti pour découvrir de nouvelles terres. Attention, je n'ai pas que le kitsch ne rodait pas. Pas sûr non plus qu'on en apprenne énormément sur la culture polynésienne. Ca reste divertissant, voire impressionnant quand pépère sort les flammes.
Bref, on ne nous a pas menti sur la marchandise. Hawaï déboîte.