"Le Monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustin.

lundi 2 novembre 2009

Chroniques siamoises : des hommes et de la bouffe.

Cette semaine, je voudrais vous parler des gays et de la nourriture. Deux choses qui n’ont aucun rapport entre elles mais je n’ai jamais dit que je ferai des chroniques logiques.

Si la seconde m’inspire chaque jour, la premiere me frappa tout particulierement le WE dernier lorsque j’étais à Koh Samed. Car hasard du calendrier ou non, l'île était a ce moment constituée de 99,5% de gays (le 0,5% étant Nuii et moi et deux autres couples). De là à désigner Koh Samed comme le Mykonos thai, il n’y a qu’un pas que je franchirai allègrement.









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Comme je le disais déjà dans un article d’avril dernier, la Thailande a cette particularité démographique remarquable qu’en plus d’abriter quelques-unes des plus belles femmes du monde (j’ai dit "quelques-unes", mesdames, soyez rassurées), elle abrite également la population gay la plus importante en proportion. Alors qu’en Europe, on s’accorde sur le chiffre de 5% de la population masculine, ici ce sont 40% des hommes qui sont homosexuels. Et je ne parle pas encore du phénomène des lady-boys, autre particularité de la Thailande, quoique moins répandue tout de même. Enlevez presqu’un homme sur deux à un deséquilibre démographique naturel de 60% de femmes pour 40% d’hommes, et vous comprendrez le désarroi des Thailandaises. Je m'interroge encore sur les raisons de cette particularite. Peut-etre que le fait que les hommes interviennent tres peu dans l'education de leurs enfants, confies exclusivement aux femmes y est pour quelque-chose ? Les jeunes garcons trainent exclusivement avec les femmes et les filles et en adoptent les comportement. Je vois par exemple mon petit voisin qui doit a peine avoir 10 ans et qui est coiffe comme une fillette et porte un sac a main. Forcement si lui devient un jour catcheur, je serais surpris ...


Je trouve en tout cas très marrant que ce soit ici beaucoup plus assumé et libéré que dans des pays disons "plus évolués", au hasard, allez, je ne sais pas, le France, tiens et que les mecs n’ont aucun problème à s’afficher en public et à sortir en groupe ailleurs que dans le Marais. Peut-être aussi qu’ici, ils ne risquent pas de se faire casser la gueule par des racailles ou des skinheads… Le gay thai est en revanche à l’image du bobo parisien : dernières fringues à la mode, appareils technologiques dernier cri, raffiné, volubile et très antipathique dans sa maniere de se comporter.


Il a en outre le défaut d’être très souvent bogoss et musclé, ce qui achève de déprimer les thailandaises.


Petite précision pour Loïc : on joue au volley en Thailande comme on joue au bowling au Laos.


Le gay thai restant sympathique, j’avoue néanmoins avoir rebroussé chemin lorsque j’ai voulu aller me poser sur la plateforme immergée. Je sais pas, je le sentais pas...








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Passons maintenant au coeur de la vie thailandaise : la bouffe.

Première précision, les ustensiles courants pour s’alimenter en Thailande ne sont pas les baguettes (un cadeau des Chinois) mais bien la fourchette et la cuillère, apportées par les missionnaires français lors de leurs nombreux voyages au Siam au 18e siecle. En échange, les ambassadeurs thais de passage en France à la cour de Louis XIV – la quequette dorée de l’Ouest parisien – lui auraient apporté le Gingembre rouge pour honorer avec plus d’ardeur ses (nombreuses) maîtresses.
La gastronomie thaie est très réputée de part le monde, en tout cas beaucoup plus que la gastronomie bouthanaise.


Le piment thai est peut-être ce à quoi on pensera le plus souvent quand on parlera de plats thais et ce ne sera pas totalement imbécile. Le piment est à la Thailande ce que la mayonnaise est à Dijon (enfin bientôt Bucarest d’ailleurs). Il est présent partout en plus ou moins grande quantité et en plus ou moins forte intensité.


Apres m’être brûlé la langue au 3e degré en première semaine, je suis maintenant relativement désensibilisé.


Sans piment, la nourriture leur parait d’une fadeur ignoble. Nous, on s’écrie "Pouaaaaah, c’est trop epicé"; eux diraient "Pouaaaaah, c’est trop fade".
Ca se comprend.



Voici par exemple, quelques exemples de plats simples (mais bons). Le fameux "Riz frit au poulet/boeuf/porc", le non moins célèbre "Nouilles sautées au poulet sauce soja" ou encore le Pom Yan Tum, aka Salade de papaye TRES épicée.


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La façon de manger diffère aussi de l’Europe. En France, chacun se commande son propre plat bien a lui et poignarde le premier qui ose s’approcher un peu trop près de son assiette (en tout cas mon cas quand j’ai une pièce de boeuf devant moi). Ici, le principe est au partage. Donc, on commande 4 ou 5 plats et tout le monde se sert dans tous. C’est convivial diront certains mais ça a surtout l’inconvénient de devoir faire une croix sur la dégustation solo du plat de tes rêves.
Encore régulierement (hier soir par exemple), j'engloutis mon assiette en 15s et vois alors dans les yeux alentours la deception de ne pas avoir proposé autour de moi. Du coup, je passe pour un mal-élevé de francais.
Mais il faut me comprendre ! C’est extrêmement frustrant de voir ainsi partir petit bout par petit bout dans la bouche des autres sa commande adorée. J’ai donc du développer une technique : toute la stratégie consiste donc à mettre discrètement de côté le plat convoité, à savoir celui que vous avez commandé, et d’orienter subtilement les appétits vers d’autres plats moins intéressants. Ainsi quand tout le monde sera rassasié, vous pourrez passer à votre plat préféré (à savoir les tranches de canard sur la photo ci-dessous que j'avais ensuite habilement mis en bout de table et régulierement cachée de mon coude...).

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La plage est aussi propice aux repas, grâce notamment aux ballets incessants sous 35 degrés et 35 kilos des (courageux, faut-il le préciser) vendeurs ambulants.

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Enième option : la rue où l'on trouve quantités de roulottes servant de la bouffe en tout genre. Tout lister ici serait trop long, mieux vaudra voir sur place, comme par exemple ici, sous les parasols.




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Enfin si l’on n'aime pas, la bouffe thai, il y a toujours moyen de trouver de la nourriture étrangère. Pour preuve ces délicieux Brie et Camembert…du Danemark.

Oui, ca m'a fait mal à voir aussi.





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ou encore ce Bordeaux basique a 18 euros la bouteille… au lieu des 3 ou 4 attendus en France.

C’est le prix ici des produits de l’importation et du raffinement.





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Me sentant un peu léger en cadeaux de France pour les parents de Nuii, je l’ai donc offerte (sans en préciser la provenance, escroc que je suis) au père de Nuii (qui ne saurait faire la difference entre un Dom Perignon 55 et une cuvée des moines servie en cubi dans n’importe quel rayon de supermarché Franprix du coin....)


A deux pas de mon "condo" se trouve un supermarche Big C.





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Sous ce nom de Pokemon se cachent les supermarchés Casino (d’ou le grand C). Tout pareil qu’en France, sauf qu’il est impossible de trouver du saucisson et que le rayon riz est un peu plus fourni.

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J’y vais pour faire quelques courses d’appoint de temps en temps en passant un temps infini devant les rayons pour trouver ce que je cherche. Les caissières sont comme en France : jeunes, souriantes, gentilles et pleine de volonté pour aider le client. Ah non, c'est pas pareil, en fait.


Elles emballent même les produits en les classant par catégorie dans les sacs.


Anecdote du jour : en rentrant, chargé comme un âne, de ce même Big C ce matin, je dis bonjour à mon garde de la sécurité qui a dû vraisemblablement prévenir le chasseur avec son talkie car je vois ce dernier débouler à bride abattue depuis le hall à mon encontre. A tel point que je me suis demandé ce qu’il me voulait, prêt à le recevoir à coup de retourné facial. Mon nouvel ami venait tout simplement me décharger de mes sacs et les porter jusqu'à la porte de mon appart. Sympa.



Enfin bref, si avec tout cela, on ne trouve pas de quoi manger, il reste toujours les fondamentaux.



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6 commentaires:

Loïc a dit…

Pour ceux qui l'ignorent, Julien adore le saucisson.

Anonyme a dit…

Bon mon grand Julien, tu as pu trouver ENFIN du bon fromage...mais pas ton cparice des dieux du midi :-(..enfin pas encore!!!! lol!

Par contre il te manque encore le vrai bon saucisson, cherche encore je suis sûr qu'il y en a là bas, et puis dans le cas contraire tu recevras un colis garnis!

pour finir, je suis de plus en plus étonné de la quantité de sexualités "exotiques" dans ton payx: entre gays et trans, tu as de quoi faire!

Didier.

gerard a dit…

Tu nous as bien fait rire encore une fois ! les plats Thaï me laissent dubitatives...C'est bon ?
Je vais te préparer un colis pour diversifier et améliorer l'ordinaire.
Bisous à toi
Sois sympa avec les copines aux gros bras, tu partages tes repas sinon, elle vont t'en coller une...
mam 77

gerard a dit…

On n'habite plus en Seine et Marne!!!Il faut lire
Mam21

Julien a dit…

Ouai confond pas, Mam77 c'est la mere de Loic. Je ne veux pas de conflit de pseudo sur ce blog !

Et oui, c'est franchement simple et delicieux.
Neanmoins, je ne refuserais evidemment pas un colis de saucisson/jambon cru/fromage/magrets seches/olives noires a la grecque/etc :-)

Anonyme a dit…

sinon, si tu ne peux pas attendre le colis de maman, il y a un supermarché où tu pourrais trouver ton bonheur^^. Il se situe au dernier étage de l'Emporium shopping center (station BTS Prompong)

ou encore un autre qui se situe au rez de chaussé de central chitlom (station du BTS chidlom) ;)

alex