"Le Monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustin.

dimanche 20 septembre 2015

C'est beau... poil au dos.


Le Portugal, j’en aurais pas donné très cher avant.
Faut dire qu’à l’instar de la Belgique, le pays souffre des vannes faciles et des préjugés poilus qu’on aime bien lui balancer en France.
En allant là-bas, je m’attendais ainsi à trouver des entreprises dé machonnerie ou dé ménache à tous les coins de rue.
Alors que force fut de constater qu'en fait, non.

Autant j’avais raison de penser que le portugais est l’une des langues les moins agréables qui soit à entendre, autant j’avais tort sur le reste.

Et malheureusement, j'avais tort aussi sur l'aspect financier. Je me voyais déjà avec mes 100€ en poche acheter une villa avec piscine alors que c’était sans compter la politique inavouée du gouvernement de vouloir combler le déficit du pays sur le dos des touristes. J’ai voyagé un peu et je crois bien n’avoir jamais autant reçu de coup de bambou pour les visites. Que tout soit payant dans ce bas monde, je commence à l'intégrer mais alors que ce soit aussi cher au Portugal, je ne m'y attendais pas.

Bref, pour en revenir au pays, il ne faut pas – pour commencer – oublier qu'il fut l’un des plus puissants d’Europe il y a quelques 500 ans, à une époque où sa flotte conquérait les mers et les pays du monde avec l’aisance d’un carreleur au sommet de son art.

Le royaume portugais a très tôt compris la puissance qu’il pouvait retirer de la maîtrise maritime et s’engagea à fond dans cette voie, notamment par l’emploi des caravelles, ouvrant des routes commerciales et des comptoirs sur tous les continents. Le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, l’Angola, le Mozambique, Ormuz, Goa, Ceylan (Sri-Lanka), Macao, Malacca, le Timor et bien sûr le Brésil tombèrent vite sous le contrôle de ce qui formait dorénavant un puissant empire colonial.

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D’ailleurs pour ceux qui comme moi se demandent pourquoi le Brésil est colonie portugaise alors que tout le reste de l’Amérique du Sud parle espagnole, il faut remonter au XVe siècle. A cette époque, seuls le Portugal et l’Espagne avait une flotte capable de s’aventurer par delà les mers. Afin de se partager les futures terres à découvrir, ils décidèrent entre eux par le traité de Tordesillas en 1494 que tout ce qui se situerait à l’est d’un méridien situé à 300 lieux du Cap-Vert appartiendrait au Portugal et tout le reste à l’ouest à l’Espagne. Ce méridien passant au milieu du Brésil, il permit au royaume portugais de revendiquer cette terre comme colonie au détriment de l'Espagne.
Quelques années plus tard, Français et Anglais ayant rattrapé leur retard, ils purent eux aussi s’aventurer sur l’Atlantique en envoyant gentiment balader le traité de Tordesillas au passage pour s’occuper de l’Amérique du Nord.

Le Portugal tire son nom de la ville de Porto qui se traduit assez facilement par port. On est là dans une ville très charmante, à la Lyon, dont la spécialité est la production du Porto (les Portugais ne se foulent pas trop sur les noms).

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On retrouve donc quantité de caves à vins de l’autre côté du fleuve avec les bateaux caractéristiques mouillant devant au quai.

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 Alors si, comme moi, le Porto reste associé à l’apéritif de vos grands-mères, ça n’en reste pas moins un breuvage sophistiqué, vieilli en tonneau, parfois cher et à déguster comme n’importe quel grand vin.
Normalement, c’est pas bon, mais sur une terrasse de la Ribeira au bord de la Douro et avec vue sur le pont Dom Luis, ça passe bien.

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Un peu construite sur le même style (au bord d’un fleuve qui se jette dans l’Atlantique), on a - à quelques 3h de TGV plus au sud – Lisbonne.

Ils ne plaisantent pas avec la gare.
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On appréciera le soir le charme de ses vieux quartiers du Bairo Alto et de l’Alfama, héritage de la période d’occupation arabe de la péninsule ibérique.

Après la Reconquistada et la découverte des Amériques, les grands navigateurs portugais vont s’aventurer sur les océans et le Monument des Découvreurs leur rend ici hommage.

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On notera un emprunt au Golden Gate de San Francisco en arrière plan, à côté d'un autre emprunt au Corcovado plus à droite.


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Vasco de Gama ou encore Magellan réussirent les exploits d’ouvrir la route des Indes par la mer pour l’un et de boucler un tour du monde pour l’autre.

Anecdote intéressante : on a coutume d’attribuer à Magellan le premier tour du monde mais c’est faux, il a été tué aux Philippines par les indigènes donc c’est son lieutenant qui put rejoindre ensuite le Portugal qui est crédité de ce titre. Sauf qu’en vérité la première personne à avoir réalisé le tour du monde était le domestique de Magellan qu’il avait embarqué au Portugal et dont on s’aperçut qu’il parlait la langue d’une tribu des Philippines.

Non loin de là se dresse la Tour de Belem, autre monument emblématique de la conquête maritime des Portugais puisque c’est de là que partaient les grandes expéditions.

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Le Monastères des Hiéronymites symbolise toute la puissance coloniale du Portugal car il fut financé exclusivement par les richesses rapportées.

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La cour intérieure est somptueuse et n'est pas sans rappeler l'intérieur de l'Alhambra de Grenade avec toutes ses arabesques.

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Lisbonne, on l’a vu, est une ville au charme et à l’histoire indéniable mais dispose aussi d’une localisation idéale.
A 30mn de métro, on trouve les premières plages sur la côte. Estoril ou Cascais qui seraient un peu les Deauville et La Baule français sont très agréables si ce n’est ma sous-estimation totale de la fraicheur de l’Atlantique : 16 degrés. Je suis allé me baigner histoire de dire que j’avais pas fait le voyage pour rien mais très honnêtement, j’étais au bord de la mort.
A ne pas refaire donc.

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Il y a, à Estoril, le plus grand casino d’Europe, qui n’est pas sans rappeler le plus grand de Macao (le strass asiatique et les lumières en moins) appelé comme de par hasard… Lisboa.

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Et comme à l’époque au Lisboa, je me suis de nouveau fait la réflexion sur la nullité du jeu au Casino. Tu mets 10€ dans une machine à sous. Tu appuies sur des boutons auxquels tu comprends rien jusqu’à perdre tes 10€. Tu remets 10€ dans la machine, tu ré-appuies sur des boutons jusqu’à re-perdre. Parfois, la machine te fait gagner 1€. Du coup, tu remets 10€ que tu reperds dans la foulée. Non, franchement, je ne comprends pas.

En remontant dans les terres, on arrive dans la région de Sintra, lieu privilégié de la noblesse du pays.

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 C’est ici que l’on trouve l’art de la maçonnerie portugaise à son plus haut niveau : le Palais de la Pena.
Il mélange les couleurs et les styles avec un brio unique au monde, de quoi vous faire pâlir Sergio, le peintre qui a ravalé la façade de mes parents.

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Enfin, quand je dis maçonnerie portugaise, je devrais plutôt dire allemande puisque le roi qui se fit construire ce palais au XIXè siècle n’était pas plus lusitanien que Ronaldo n’est teuton.

Ce château n’est pas sans rappeler celui tout aussi particulier de Neuschwanstein et Louis II de Bavière construit à peu près à la même époque.
Coincidence ? Je ne pense pas…

Pour info, l’entrée dans le parc du château est payante (8€/pers, enfoirés) et il faut repayer 8€/pers pour rentrer dans la cour du château (bâtards). Devant ce racket éhonté, faites demi-tour comme moi et allez manger à la cafetaria face à la porte (un minuscule sandwich à 136€).
Une fois installé sur la terrasse à l’étage, vous remarquerez un petit passage qui vous permet de passer sur les remparts puis de redescendre dans la cour sans rien payer. Pensez alors bien à insulter les caissiers de l’entrée de ma part.

Sur la colline en face, se trouve un château bien plus ancien, vestige de la conquête arabe au 8e siècle : le château des Maures (où il vous en coûtera 7€/pers - salauds - pour rentrer mais comme c’est les vacances et qu’on est de riches touristes, on ne compte pas…)

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Les moins scrupuleux d’entre vous pourront aisément le faire passer pour la Muraille de Chine selon un angle de photo bien choisi.

Enfin pour conclure ce voyage (et cet article) de la plus belle manière, rien de tel qu’aller au bout du continent européen.
Lieu considéré jusqu’au XIVe comme le bout du monde : le Cabo da Roca ou Cap de la Roche où l’immensité de l’Atlantique s’offre à perte de vue au regard, tandis que le reste du corps est pris sous la violence du vent.

Il faut dire qu'avec plus de 5000km d’élan sans obstacle, il a de quoi vous décoller les oreilles.


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1 commentaire:

gerard demondion a dit…

"Un minuscule sandwich à 136 €" Il y avait quoi dedans ?