"Le Monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustin.

lundi 3 août 2015

Autrichon gris

A la mort de Charlemagne en 806, son empire européen est partagé entre ses 3 fils. Le fils survivant Louis Le Pieux ayant recomposé cet empire, il est de nouveau divisé en 3 entre ses fils par le traité de Verdun en 843 qui marquera définitivement la fin de l’empire carolingien.

Charles Le Chauve reçoit la Francie occidentale – qui deviendra la France et un lycée à Roissy en Brie, Lothaire reçoit la Francie médiane allant des Pays-Bas à l’Italie et Louis le Germanique la Francie orientale, communément appelé la Germanie.



Rapidement le frère du milieu va se faire manger par les deux autres.

Le successeur de Louis le Germanique, Otton 1er, va alors fonder le Saint Empire Romain Germanique, se désignant ainsi comme le successeur des empereurs romains.
Et il fut bien inspiré le Teuton Otton puisque cet Empire va rayonner sur l’Europe de 962 à… 1806, date à laquelle Napoléon siffle la fin de la récré et le dissous après sa victoire à Austerlitz en 1805.

L’Empereur déchu se négocie une porte de sortie en redevenant « simple » empereur d’Autriche, le reste de l’Empire éclatant en différents royaumes, réunis au sein de la Confédération du Rhin.

En 1867, sentant le vent tourner au Nord avec les Prussiens pressant, le nouvel empereur d’Autriche décide de regarder vers l’Est et propose à la Hongrie une joint-venture. Les actionnaires étant gracieusement rémunérés, ils acceptent l'OPA et un nouvel empire improbable émerge alors, l’Autriche-Hongrie.

L’Alliance semble assez contre-nature entre d’un côté une population et un pouvoir germanique et de l’autre des Magyars, originaire de l'est de l'Oural, descendants des Huns, le tout accompagné des Slaves de Bohème, de Croatie, Serbie ou en encore de Slovaquie, regroupant des catholiques, des protestants et bientôt des musulmans quand la Bosnie-Herzégovine se retrouve aussi vite annexée.

Difficile de faire fonctionner tout ce beau monde mais ça marche tant bien que mal, jusqu’à ce que la défaite de la première guerre mondiale en 1918 vienne faire tout éclater selon le principe si cher aux Américains du droit des peuples à disposer d’eux même.

Apparaissent alors sur la nouvelle carte du monde la Tchécoslovaquie, la Pologne, la future Yougoslavie et un réajustement des frontières autrichiennes, hongroises et roumaines.

L’Autriche sera ensuite purement annexée par l’Allemagne en 1938 pour, à la fin de la guerre, lui faire comprendre qu’elle ferait bien dorénavant de raser les murs et baisser la tête, ce qu’elle fait gentiment depuis 70 ans maintenant en ayant adopté la neutralité.

Ceci explique qu’aujourd’hui le pays nous apparaît davantage comme la Belgique de l’Allemagne que comme ce qu’il a été pendant des siècles et qu'on a tendance à oublier : l’un des plus puissants d’Europe.

Bref, ayant ainsi résumé 1200 ans d’histoire en 2mn, c’est donc dans ce contexte que nous nous rendons à Budapest et à Vienne, sur les traces de l’ancien empire Austro-hongrois.

Budapest est née en tant que telle en 1873 de la fusion de Buda et de Pest, deux villes séparées par le Danube.

Buda, plus riche, construite sur les collines offre une vue de la ville imprenable depuis le Bastion des pêcheurs.

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C’est aussi là que se trouve le Château qui offrit une belle résistance à la conquête Turc du XVIè s et le Palais présidentiel.

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Le concept de colline est par contre tout de suite moins charmant avec une poussette.

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Le Danube large de 300m est traversé par plusieurs ponts dont le plus célèbre est le pont des Chaines construit en 1842, premier signe de la réunion à venir des deux villes.

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C’est du côté de Pest, plus populaire, que se trouve néanmoins le centre politique, économique et culturel de la ville.

On y découvre tout d’abord l’incontournable Parlement hongrois, très largement inspiré de Westminster et plus grand parlement d’Europe.

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L’intérieur est très imposant, surtout la salle principale de la couronne du premier roi Etienne 1er qui n’est malheureusement pas photographiable (et c’est pas faute d’avoir essayé mais la sécurité veille au grain..).

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C’est sur le parvis du Parlement que les chars russes réprimèrent violemment les manifestants lors des évènements de 1956...

...3 ans après que l'équipe de Hongrie se permette de battre l'Angleterre 6 à 3, ce dont ils n'arrivent toujours pas à s'en remettre.

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La ville n’en était pas à son coup d’essai dans la violence puisque qu’une dizaine d’années auparavant, c’était l’exécution des Juifs de la ville dont les corps furent jetés dans le fleuve qui est ainsi commémorée sur le quai par la sculpture des Chaussures.

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L’architecture très caractéristique du style Austro-hongrois déjà croisée à Prague ou Zagreb se retrouve tout au long de la ville

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avec notamment de petits parcs permettant aux Budapestois de se rafraichir en été.


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Les édifices particuliers à croiser pendant la visite sont par exemple l’Opera d’état, la Synagogue (plus grande d’Europe), la Basilique Saint Etienne où est conservée la main du bon vieux Etienne 1er et dont le parvis est bordée de petits cafés qui vous serviront de la limonade, 2e boisson nationale après la traditionnelle bière.

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Enfin quoi de mieux pour terminer cette journée de marche sous une chaleur accablante qu'une soirée aux  Thermes de Széchenyi, tradition de la ville héritée de la période ottomane ?

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Poursuivons la route 250km plus à l’ouest et nous nous retrouvons en Autriche, à Vienne, capitale de l’Empire, égale de Paris ou de Londres en son temps et qui est la seule capitale d’Europe à avoir vu sa population décroitre continuellement depuis son apogée en 1916.

Longtemps considérée comme la capitale mondiale de la musique, beaucoup de compositeurs s’y sont succédés dont Mozart, Beethoven, Schubert ou Strauss. Excusez du peu.
En gros, la Florence de la musique classique.

La scène musicale est donc ici très riche (10000 personnes assistent chaque jour à un concert de musique classique à Vienne) tout autant que pour les amateurs d’Opéra ou de Théatre.

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L’Hotel de ville, à l’image de celui de Munich, est un imposant bâtiment à l’architecture gothique qui pourrait facilement passer pour une cathédrale pour le touriste non averti.

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La vraie cathédrale Saint Stephane, elle, se trouve non loin, au bout de la célèbre Stefanplatz, centre animée et commerciale de la vieille ville.

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avec une photo qui s'inscrira à merveille dans un des fils rouge de ce blog.

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C’est du haut de son clocher que les Viennois surveillait les mouvements des troupes Ottomanes pendant le siège de Vienne qui marqua l’avancée la plus importante de la conquête turc en Europe.

Pour l’anecdote, c’est pour célébrer la victoire contre les Turcs et leur symbole islamique du croissant de lune qu’un boulanger viennois eut l’idée de confectionner des pâtisseries à la forme caractéristique : le croissant français-qui-n’est-donc-pas-français était né.

Mais Vienne, c’est avant tout le centre du pouvoir impérial et cela se traduit par deux palais incontournables ayant abrité les Habsbourg pendant toute leur dynastie : Hofburg, le palais d’hiver

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(C'est de ce balcon qu'Hitler prononcera en 1938 l'annexion de l'Autriche au 3e Reich).


et Schonbrunn, le palais d’été, tentative perdue d'égaler Versailles.

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Alors les Habsbourg, c’est Charles Quint, mais c’est aussi les François-Joseph, François-Ferdinand (qui sera assassiné en 1914 à Sarajevo par un indépendantiste serbe, coup de feu – si je puis dire - de départ de la première guerre mondiale) et la célèbre Sisi, considérée comme la plus belle femme de son temps.

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Schonbrunn se visite (Hofburg aussi d’ailleurs mais par manque de temps, il a fallu choisir) et on y découvre les chambres et salles de la famille impérial, bien plus simples qu’on ne pourrait l’imaginer comparé à un Château de Versailles ou un Palais de l’Ermitage.

Sur ce, je vous laisse, il y a un Pacman géant qui veut manger ma fille devant le Burgtheater.

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2 commentaires:

gerard demondion a dit…

C'est toujours très intéressant, bien documenté et superbes photos
Cela donne réellement le désir de découvrir ces magnifiques villes avec leur histoire
Encore félicitations mon fils pour cet article
Gérard

Loïc a dit…

Il est là le DoMac.
Pas vilain tout ça quand même.